Tim Burton: Cinema Genius ou réalisateur surfait?

Lorsque Miss Peregrine et les enfants privés ont été libérés, j'ai eu l'idée d'un article sur Tim Burton, le bien-aimé et détesté. Adoré par certains, condamné par d'autres, Burton n'a pas laissé beaucoup d'indifférents. La Tribune Citoyenne vous propose une rétrospective de ce réalisateur atypique.

Pour les rares personnes qui ne le connaissent pas, Tim Burton est un réalisateur, scénariste et producteur américain né à Burbank en 1958. Dans les années 80, il a travaillé comme animateur pour les studios Disney sur des films tels que Rox, Rouky et Tron. En 1985, il réalise son premier long métrage: Pee Wee. 17 autres ont suivi, les plus connus étant Edward with Silver Hands (1990), Beetlejuice (1988), Batman (1989) Charlie and the Chocolate Factory (2005) et Big Fish (2003). Et non, le grand L'Etrange Noël de Monsieur Jack n'appartient pas à la filmographie de ce cher Tim: s'il est producteur et scénariste, c'est Henry Selick qui réalise ce chef-d'œuvre en Stop Motion.

Sujets récurrents

Le fantastique est le thème de base de beaucoup de ses films, qui est l'essence même du style "burtonien". C'est simple: 12 de ses 18 films appartiennent au genre fantastique. Ce thème est souvent associé à celui de la mort (souvent hilarant), dépeint par le monde des morts lors des mariages funéraires et celui de Beetlejuice ou même Sparky, la salope morte-vivante de Frankenweenie. Un sujet qui correspond aussi à celui des monstres: on peut citer le pingouin dans Batman Returns, le vampire Barnabas dans Dark Shadows, le cavalier sans tête de Sleepy Hollow et les nombreux personnages étranges de Big Fish. Ce style gothique atypique signifie que le spectateur reconnaît à première vue la jambe du réalisateur américain.

Il y a plusieurs sous-thèmes dans le cinéma de Tim Burton. Nous reconnaissons qu'il aime particulièrement traiter la condition de l'artiste incompris: Edward aux mains d'argent, le chapelier fou d'Alice au pays des merveilles et le réalisateur Ed Wood dans le film du même nom en sont l'exemple parfait. C'est aussi le type de personnage auquel Burton s'identifie le plus; on pourrait même voir Edward comme une autobiographie du réalisateur: un créateur atypique utilisé par la société (représenté dans le film par la banlieue américaine) pour son Non-conformisme, mais ensuite abandonné. Il permet même au père d'Edward d'être joué par Vincent Price, son acteur préféré, qui a créé sa passion pour le cinéma. Cela nous amène à l'autre sous-thème principal: la paternité. Le père de Tim Burton occupe une place importante, qu'il soit autoritaire (Charlie et la chocolaterie), érudit (Edward aux mains de l'argent) ou conteur (Big Fish). Il sera même le personnage principal de Big Fish, le film très personnel du réalisateur, puisqu'il l'a réalisé après la mort de son propre père.

Cinéma répété?

Les mêmes thèmes récurrents seront la principale critique des critiques de Tim Burton. En fait, beaucoup d'entre eux décrivent le réalisateur comme «pas très original», ce qui était l'un de ses principaux avantages au début de sa carrière. Beaucoup de critiques actuels sont d'anciens fans qui sont déçus par le manque de renouvellement des thèmes du cinéaste et le flagellent à chaque fois qu'un nouveau film sort. Ce fut le cas avec Dark Shadows (erreur critique) ou Big Eyes et Frankenweenie (erreur commerciale). Il est difficile de contrer cet argument lorsque nous voyons la filmographie de Burton. En plus des thèmes récurrents, il s'est habitué au tournage avec les mêmes acteurs. Dans les rôles principaux, on retrouve surtout Johnny Depp, parfois excellent (Edward aux mains d'argent), parfois à côté du plateau (Dark Shadows) et plus récemment Helena Bonham Carter: 8 films pour l'interprète de Willy Wonka, 7 films pour l'ancienne épouse de Burton. Il est donc normal que ce sentiment de Deja Vu ne plaise pas nécessairement aux téléspectateurs habitués à son cinéma.

Cependant, Tim Burton a essayé de changer le genre. En 2001, il se teste pour l'adaptation avec La Planète des Singes, un remake du film de Schaffner de 1968 (à l'origine le livre de Pierre Boulles), dans des biographies avec la véritable histoire de Big Eyes. Il a même essayé Mars Attacks en 1996! Résultat? Pas de vrai succès: seulement Mars Attacks! parvient à atteindre un succès critique uniquement en dehors des États-Unis. La seule collaboration que personne ne critique (presque) est avec Danny Elfman. En effet, le compositeur est parfait pour le monde fou et décalé de Burton. Parmi les 14 contributions d'Elfman avec le réalisateur américain, on se souvient particulièrement des prêts d'Edward entre les mains d'argent, Beetlejuice ou Batman.

Tim Burton était un réalisateur marginal dans ses premières années avant d'entrer progressivement dans une forme, parfois jusqu'à l'auto-caricature. Cependant, nous pouvons voir des reflets dans l'obscurité de ces dernières années, comme Frankenweenie en 2012 ou plus récemment Miss Peregrine, une véritable histoire de Burton pour les enfants.