Comment l'art et les salles de test se réinventent

Alors que certains films sont projetés immédiatement dans près d’un millier de cinémas ou la moitié des installations du pays, d’autres doivent se contenter de quelques dizaines d’écrans et disparaissent à peine du radar une semaine après leur sortie. « On estime que le film n’existera plus parmi quatre projections », a expliqué Jean-Jacques Ruttner, directeur du cinéma Le Luxy à Ivry-sur-Seine. «C’est à nous de trouver l’équilibre global qui permet aux films d’exister et de rencontrer les téléspectateurs. Il y a aussi un chemin qui mène d’un film à un autre. « Le cinéma urbain avec deux salles fait un honneur de ne programmer que des films en attente et ne montre pas de films avec une diffusion nationale de 300 exemplaires, même si l’art et l’art sont recommandés Test avant leur quatrième semaine sur la piste. « Le film sera alors suffisamment visible pour ne pas figurer dans notre programme pendant cette période », explique le réalisateur, qui « veut voir les films non pas comme un produit commercial mais comme une œuvre ». Un positionnement clair qui complète l’offre existante dans la ville, qui contient également un multiplex, le Pathé Quai d’Ivry, et qui n’est pas loin non plus de la bibliothèque MK2.

Ailleurs, le programme est plus diversifié, jouant avec un mélange de publics plus larges et de films plus sophistiqués pour répondre aux attentes des résidents. «Nous proposons un grand nombre de films d’art et d’essai, mais nous diffusons également des films populaires à diffusion nationale. Par exemple, nous avons mis Avengers sur le projet de loi. Nous essayons de satisfaire le goût de tous les téléspectateurs », explique Natacha Juniot, responsable communication et animation au cinéma municipal Les Trois Robespierre à Vitry-sur-Seine. Dans les trois salles des Cinémas du Palais à Créteil, le dernier film de Guillaume Canet, qui est diffusé dans plus d’un millier de salles, côtoie le film brésilo-portugais Le Chant de la forêt (à venir mercredi) une centaine de petites salles et les derniers frères Almodovar et Dardenne. «L’art et l’essai ne sont pas destinés à exclure, mais à inclure. Nous choisirons des films que nous voulons soutenir parce que nous suivons un cinéaste depuis longtemps, parce que le sujet du film est lié à ce que nous défendons, ou grâce à sa qualité cinématographique « , explique Guillaume Bachy (photo), directeur de ce cinéma associatif.

Des propositions exigeantes, qui ne sont pas toujours faciles à approuver économiquement. Afin de promouvoir la diversité culturelle, les cinémas d’État reçoivent une subvention de l’État comprise entre quelques milliers et quelques dizaines de milliers d’euros. Dans ce contexte, la grande majorité des cinémas dépendent également financièrement des villes, qu’elles soient municipales ou associatives avec de fortes subventions municipales. « Pour des raisons économiques, il est préférable de programmer Avengers qu’un film thaï. Si nous n’avions pas reçu d’aide de la ville, nous ne pourrions pas être ouverts. C’est notre principal soutien. Le second vient de la subvention d’art et d’essai et nous le ferons aussi soutenu par le ministère de la Culture pour certaines mesures « , explique Guillaume Bachy.

Pour les cinémas privés indépendants, l’objectif est d’ajuster l’offre afin d’atteindre un équilibre économique. «La programmation n’est pas seulement basée sur nos goûts, nous nous adaptons également à celle du public. En tant que cinéma périphérique, nous diffusons à la fois des films commerciaux et des films d’art, explique Stéphane Joyeux, directeur de Vincennes. Cependant, nous essayons de gagner du public pour des cinémas plus sophistiqués, pas seulement pour le divertissement. Nous proposons des projections dans leur version originale et diffusons des films étrangers », poursuit le réalisateur. Même stratégie à Nogent-sur-Marne.« Nous composons notre programme pour le public local depuis 1997 et il faut reconnaître que nous pouvons tout programmer à Nogent « Il y a toujours un public, aussi bien pour les grandes comédies populaires que pour les films les plus modernes », note Fanchon Grasser. Responsable événementiel du cinéma Le Royal Palace.

Le paradoxe de ces cinémas, qui rapprochent les deux, est qu’ils sont en concurrence directe avec les multiplexes des films grand public. Pour faire face à cette concurrence, les cinémas proches des complexes UGC peuvent accepter la carte illimitée de l’opérateur, qui paie ensuite le petit cinéma, déduit d’une commission. Une recette moins avantageuse pour le cinéma, mais qui évite le vol vers le multiplex. Certains cinémas, comme celui de Nogent, l’acceptent en parallèle avec leur propre carte, d’autres ont choisi d’y renoncer, comme celui de Vincennes. La fidélité va au-delà des prix et du programme à travers le confort des chambres et la relation avec le spectateur.

Attention à toutes les générations

En particulier, les institutions tentent de s’adapter à chaque génération, à chaque type de public. Les Trois Robespierre organisent des séances ciné-ma différentielles un samedi après-midi chaque mois (hors vacances scolaires) pour permettre aux personnes en situation de handicap, y compris les personnes autistes, d’accéder au cinéma. A Ivry-sur-Seine, le Luxy organise des soirées toute l’année, des séances de cinéma le dimanche matin pour les jeunes de moins de 6 ans, du thé l’après-midi pour les cinémas le vendredi après-midi. À L’Haÿ-les-Roses, La Tournelle a été spécifiquement classée comme art et essai dans la catégorie du jeune public, avec ces tétines de 18 mois à 3 ans. ses collations de cinéma et sa réception au Ciné Junior Festival. «Notre vocation est d’éduquer les enfants sur les images. Notre mission est de préparer le public à l’avenir « , explique le réalisateur Xavier Ganachaud. » La transmission est dans l’ADN de Kosmos « , souligne le directeur de Fontenaysien-Kino, Nicolas Reyboubet, qui fait un travail pédagogique avec des ateliers, des cinémas et d’autres événements A Créteil, le matin Mon Premier Ciné souhaite présenter les futurs cinéphiles à partir de 18 mois. Les séances pour les petits enfants, que le Palais Royal souhaite également préparer le matin en semaine en septembre, proposent de très courtes projections au son feutré. Dès le dimanche matin, le cinéma propose des séances de cinéma juniors et des projections aux parents avec leur bébé un lundi après-midi du mois qui se termine peu avant la fin de l’école pour que les plus grands puissent être repris. Du plus petit au plus âgé, chaque génération est quelque chose de spécial Attention des institutions, avec l’approche la plus complexe des jeunes. «La génération de 15 à 25 ans est plus maussade et rattrapée par des vidéos sur YouTube ou des séries sur Netflix. Notre objectif est de mieux comprendre cette génération afin qu’ils apprennent leur cinéma et nous sommes en contact avec la maison des jeunes pour essayer de travailler avec eux sur la programmation « , explique Fanchon Grasser, qui entend aussi être parent. à aborder en pensant à Vintage Evenings Hotdog Ciné pour retrouver en famille les films qu’on adorait à l’adolescence.

Quand le public s’implique

En plus de cette attention, les cinémas d’art et d’essai ont également compris les attentes des résidents en matière d’échange et de participation à la vie. Avant-premières, rencontres avec des équipes de tournage, critiques et spécialistes, débats citoyens, goûter, saison d’opéra, festivals… Chaque maison fait tout pour ne pas être un espace simple, sombre et impersonnel. Par exemple, les Cinémas du Palais de Créteil proposent des saisons d’opéra au Palais (le prochain opéra sera Traviata de Verdi le 2Juin), le Palais Classiques pour redécouvrir les grands films de tous les temps sur grand écran. ou la tasse de film qui vous invite à discuter du film avec une tasse de thé ou de café après la session. «Cela permet au public de se parler. Quand le réalisateur est dans les parages, parfois ils n’osent pas parler « , note Clotilde Trichet (photo), responsable des relations publiques aux Cinémas du Palais. » Notre objectif est d’avoir une sorte de club d’audience « , explique le réalisateur Guillaume Bachy Ivry-sur-Seine a conçu les séances d’échange en cohérence avec la programmation cinéma, en privilégiant les écrivains inconnus. « Pour nous, la rencontre est faite pour attirer l’attention sur un film. Quand on me propose d’emmener Tim Burton avec moi, je dis: « Non, merci, je ne veux pas. » Le film n’en a pas besoin « , assure Jean-Jacques Ruttner.

De nombreux cinémas travaillent également avec des associations. À Fontenay-sous-Bois, par exemple, le Kosmos projette chaque semaine un long métrage sur un thème social, suivi de rencontres avec des intervenants d’associations locales. A Vitry-sur-Seine, les Trois Robespierre proposent une rencontre cinéma tous les mois à Cinéville, en collaboration avec les associations de la ville. En effet, de nombreuses associations appellent à cet échange pour stimuler le débat sur les questions sociales à travers des films ou des documentaires. Les producteurs qui ne bénéficieront probablement pas d’une large diffusion dans les salles de cinéma proposent eux aussi cet échange. De nombreux documentaires ont été filmés de cinéma en cinéma, suivis d’échanges avec des réalisateurs ou des associations partenaires, de la recherche de sens au remerciement patron, en faisant parfois un full. « Nous avons beaucoup travaillé sur le fond ces dernières années autour des débats sociaux », explique Fanchon Grasser. Nous allons également réviser la forme, le langage cinématographique, pour que les téléspectateurs puissent apprendre », poursuit le responsable événementiel du cinéma Nogentais, qui souhaite fonder une association des amis du Palais Royal pour mieux impliquer le public dans ces décisions.

D’autres cinémas ont également leur propre festival, comme le Lido, le cinéma municipal de Saint-Maur-des-Fossés, où se déroule le festival du court-métrage Sur les pas de mon oncle, qui participe directement à la création artistique. en promouvant de nouveaux talents.

En nombre Sur 1 168 théâtres d’art en France, l’Ile-de-France en compte 150 et le Val-de-Marne 16, majoritairement municipaux ou associatifs, à l’exception de ceux de Vincennes et de Nogent-sur-Marne. Dans le département, c’est 36 écrans sur cent. Les salles d’art et d’essai sont celles qui contiennent une proportion importante des films recommandés par l’art et essai (voir critères de recommandation des travaux). Ce classement est fixé par le président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) après avis de la commission nationale et des commissions régionales d’art et d’essai pour deux ans (renouvelable ou non renouvelable). Les établissements peuvent se voir décerner trois labels selon leurs spécificités: « Recherche et Découverte », « Jeune Public » et « Patrimoine et Annuaire ».